Cabrera, le secret de la République Dominicaine
Sanschagrin, Dali. 1997. "Cabrera, le secret de la République Dominicaine". Magazine Elle Québec . janvier. p. 106-107.

Vous aimez swinguer sur la macarena et descendre du rhum punch "todoel dia"? Sautez ces pages! La région de Cabrera et sa douce auberge La Catalina s'adresse à ceux et celles qui veulent des vacances, des vraies, pas celle dont on revient sur les rotules par surdose de rumba.

 

Aéroport de Puerto Plata. Un attroupement de Québécois bruyants se dirige vers les mégabus des hôtels de Sosua, Cabarete, et Boca Chica. Un petit groupe de chanceux (dont moi) s'avance vers celui qui mène à l'auberge La Catalina de Cabrera, dans la provinces de Nagua.

Cabrera? Même les abonnés de la République Dominicaine ignorent l'existence de cette région paradisiaque du nord-est du pays. La route est longue, il fait chaud, on est bien. José le guide-conducteur, nous offre une bière fraîche qui n'est pas de refus. Une heure et demi plus tard, après avoir vu défiler des centaines de palmiers et des dizaines de superbes petits villages, nous voilà à l'auberge, oasis nichée dans les bougainvillées, tenue par un couple de Québécois qui a troqué ses ordinateurs contre les cocotiers. Surprise! Nous sommes en pleine montagne, avec une vue panoramique hallucinante sur l'Atlantique: " Il n'était pas question pour nous de construire notre auberge ailleurs qu'au bord de la mer, explique Claude Bouthillier, mais lorsque nous avons mis le pied sur cette terre, nous avons changé d'idée."

Les dix années qui se sont écoulées depuis l'ouverture de La Catalina prouvent que Claude et Marie France ont bien fait de suivre leur instinct. Peu à peu, avec les excellents commentaires livrés de bouche à oreille, La Catalina a envoûté bien des visiteurs, connus (entre autres, Sonia Bénézra et Gildor Roy)ou non. Chaque année, ils viennent y savourer la brise de la montagne,les langoustes et les sorbets maison, mais surtout, la beauté encore cachée de la campagne et des plages environnantes. Sans compter le calme, le vrai, à l'écart des touristes tequilla-macaréna.

C'est les seins nus que nous avons couru sur le sable blanc et nous sommes jetées dans les vagues cristallines de la quasi déserte Playa Grande et ce, sans nous faire accoster. Je ne me prends pas pour la beauté du siècle, mais trois filles presque nues sur une plage du Sud sans attroupement autour, faut le faire!

Comme la Catalina est juchée au sommet d'un cap, un service de bus aller-retour est prévu à heure fixes entre les plages et l'hôtel. Un hic pour les amateurs de vacances sans montre ni horaires. Qu'à cela ne tienne! Les aventurières débrouillardes n'ont qu'à louer un scooter ou prendre un moto concho (ce taxi sur deux roues qui est le moyen de transport le plus répandu de la République) afin de goûter au plaisir délinquant de découvrir la région...cheveux au vent. Les chemins de campagne où l'on croise des maisonnettes d'une chaleureuse simplicité, les fermiers à dos d'âne, les comptoirs-bars plantés là, comme par miracle; les petits villages de Cabrera, Rio San Juan ou Nagua, bondés d'enfants joyeux en uniforme d'écolier beige comme le sable et bleu comme le ciel; les plages désertes ou fréquentées parles Dominicains en famille, comme Caleton ou Diamantes; et les gens, tous plus dignes, souriants et mieux sapés les uns que les autres.

C'est un fait que le calme et le respect du repos d'autrui règnent autour des deux piscines et des 20 chambres et condos de La Catalina. Mais il n'est pas impossible pour autant de faire la fiesta dans le coin. "Autrefois, après une journée de dur labeur, les fermiers de la région se rendaient à Rio San Juan pour les affaires, à Nagua pour les achats et à Cabrera pour faire la fête", nous raconte Serge, un Franco-Québécois qui a émigré en République."Il existe trois bonnes discothèques pour 12 000 habitants à Cabrera. Les Dominicains adorent danser le meringue!"

Et de fait, ça transpire au Club Don Cheo, situé à 15 minutes à pied de La Catalina. La chaleur ambiante y est quintuplée par celle des danseurs locaux. Idem à La Pizzeria de Cabrera (Là-bas, une pizzeria, c'est une discothèque!). Même si les têtes blondes et les visages pâles y sont rares, on a l'habitude des touristes relax qui viennent pour la danse plus que pour la drague. Ça "cruise", c'est sûr, mais avec humour et légèreté, autour d'une bière locale, la Présidente. Salud , santé! Et quel délice de retrouver la sainte paix de La Catalina après une soirée agitée... mais garantie authentique.

Sanschagrin, Dali. 1997. "Cabrera, le secret de la République Dominicaine". Magazine Elle Québec . janvier. p. 106-107.