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Aéroport de Puerto
Plata. Un attroupement de Québécois bruyants
se dirige vers les mégabus des hôtels de Sosua,
Cabarete, et Boca Chica. Un petit groupe de chanceux (dont
moi) s'avance vers celui qui mène à l'auberge
La Catalina de Cabrera, dans la provinces de Nagua.
Cabrera? Même les abonnés
de la République Dominicaine ignorent l'existence de
cette région paradisiaque du nord-est du pays. La route
est longue, il fait chaud, on est bien. José le guide-conducteur,
nous offre une bière fraîche qui n'est pas de
refus. Une heure et demi plus tard, après avoir vu
défiler des centaines de palmiers et des dizaines de
superbes petits villages, nous voilà à l'auberge,
oasis nichée dans les bougainvillées, tenue
par un couple de Québécois qui a troqué
ses ordinateurs contre les cocotiers. Surprise! Nous sommes
en pleine montagne, avec une vue panoramique hallucinante
sur l'Atlantique: " Il n'était pas question pour
nous de construire notre auberge ailleurs qu'au bord de la
mer, explique Claude Bouthillier, mais lorsque nous avons
mis le pied sur cette terre, nous avons changé d'idée."
Les dix années qui
se sont écoulées depuis l'ouverture de La Catalina
prouvent que Claude et Marie France ont bien fait de suivre
leur instinct. Peu à peu, avec les excellents commentaires
livrés de bouche à oreille, La Catalina a envoûté
bien des visiteurs, connus (entre autres, Sonia Bénézra
et Gildor Roy)ou non. Chaque année, ils viennent y
savourer la brise de la montagne,les langoustes et les sorbets
maison, mais surtout, la beauté encore cachée
de la campagne et des plages environnantes. Sans compter le
calme, le vrai, à l'écart des touristes tequilla-macaréna.
C'est les seins nus que nous
avons couru sur le sable blanc et nous sommes jetées
dans les vagues cristallines de la quasi déserte Playa
Grande et ce, sans nous faire accoster. Je ne me prends pas
pour la beauté du siècle, mais trois filles
presque nues sur une plage du Sud sans attroupement autour,
faut le faire!
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Comme la Catalina
est juchée au sommet d'un cap, un service de bus aller-retour
est prévu à heure fixes entre les plages et
l'hôtel. Un hic pour les amateurs de vacances sans montre
ni horaires. Qu'à cela ne tienne! Les aventurières
débrouillardes n'ont qu'à louer un scooter ou
prendre un moto concho (ce taxi sur deux roues qui est le
moyen de transport le plus répandu de la République)
afin de goûter au plaisir délinquant de découvrir
la région...cheveux au vent. Les chemins de campagne
où l'on croise des maisonnettes d'une chaleureuse simplicité,
les fermiers à dos d'âne, les comptoirs-bars
plantés là, comme par miracle; les petits villages
de Cabrera, Rio San Juan ou Nagua, bondés d'enfants
joyeux en uniforme d'écolier beige comme le sable et
bleu comme le ciel; les plages désertes ou fréquentées
parles Dominicains en famille, comme Caleton ou Diamantes;
et les gens, tous plus dignes, souriants et mieux sapés
les uns que les autres.
C'est un fait que le calme
et le respect du repos d'autrui règnent autour des
deux piscines et des 20 chambres et condos de La Catalina.
Mais il n'est pas impossible pour autant de faire la fiesta
dans le coin. "Autrefois, après une journée
de dur labeur, les fermiers de la région se rendaient
à Rio San Juan pour les affaires, à Nagua pour
les achats et à Cabrera pour faire la fête",
nous raconte Serge, un Franco-Québécois qui
a émigré en République."Il existe
trois bonnes discothèques pour 12 000 habitants à
Cabrera. Les Dominicains adorent danser le meringue!"
Et de fait, ça transpire
au Club Don Cheo, situé à 15 minutes à
pied de La Catalina. La chaleur ambiante y est quintuplée
par celle des danseurs locaux. Idem à La Pizzeria de
Cabrera (Là-bas, une pizzeria, c'est une discothèque!).
Même si les têtes blondes et les visages pâles
y sont rares, on a l'habitude des touristes relax qui viennent
pour la danse plus que pour la drague. Ça "cruise",
c'est sûr, mais avec humour et légèreté,
autour d'une bière locale, la Présidente. Salud
, santé! Et quel délice de retrouver la sainte
paix de La Catalina après une soirée agitée...
mais garantie authentique.
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